Alan Heathcock – Volt

L’AMERIQUE PROFONDE

Alan heathcock voltKrafton, petite bourgade imaginaire du fin fond des Etats-Unis. C’est au cœur de la vie de village qu’Alan Heathcock a décidé de situer son premier recueil de nouvelles, Volt. L’écrivain, originaire de Chicago, n’a pas choisi ce cadre pour son atmosphère bucolique ou son charme pittoresque. Bien au contraire. Krafton est une petite ville maudite, sur laquelle s’abattent inondation, meurtres en tous genre, accidents funestes, tragédies familiales. « Peut-être que les choses horribles sont tout ce qu’il reste à Dieu pour nous rappeler qu’il est vivant » en conclut Vernon dans « Fumée », après avoir aidé son père à brûler un corps suite à une bagarre. Le décor de la bourgade permet à l’auteur de démultiplier les conséquences de l’apocalypse, fil conducteur du récit. On étouffe, loin de la civilisation moderne. « Dans un village, le plus tragique était que le passé ne s’effaçait jamais totalement » écrit Alan Heathcock. Dans « le train de marchandises », Winslow sera par exemple à jamais « l’homme qui a tué son fils ». Dans un village, on a aussi plus vite fait d’appliquer la loi du talion que les principes fondamentaux de la justice. Ainsi, Helen, élue sheriff sur un malentendu, procède-t-elle de façon personnelle dans « Gardienne de la paix » pour faire « quelque chose de propre et ravissant dans un monde envahi par la boue ». Quitte à combattre le mal par le mal au nom de l’idée qu’elle peut se faire du bien. « Parfois, il faut simplement se prendre une bonne gifle » affirme le pasteur dans l’une des dernières nouvelles du recueil, « Lazare ». Volt en est une.

Références

* Alan Heathcock, Volt, éditions Albin Michel, collection « Terres d’Amérique », traduit de l’américain par Olivier Colette, septembre 2013, 300 pages, 23 €

Par le hublot

* La chronique d’André Clavel dans Lire

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