1. Un avenir est un roman désespérant et réjouissant à la fois. Comment avez-vous construit Paul, son personnage principal ?
Je n'ai pas vraiment construit Paul, d'ailleurs je ne construis rien quand j'écris, du moins je ne prémédite jamais rien, les choses prennent forme par associations d'idées, avec des bifurcations, et l'écriture avance comme ça. J'avais juste en démarrant cette image de ce personnage débarquant dans cette maison de famille, c'est à partir de cette maison que tout se rassemble et se diffracte, et je ne sais toujours pas grand-chose de Paul, un ingénieur hydraulique, un inquiet, qui comme chacun se débrouille pour vivre ce qu'il a à vivre, c'est quelqu’un qui parle assez peu de lui, plus des autres, mais quand il parle des autres, c'est quand même lui qu'on entend, c'est par son regard qu'on les voit, et c'est ce regard qui finalement lui donne son identité.Il a une identité en mouvement, il traverse le livre via la perception qu'il a des êtres et des choses.
2. Le mécanisme du téléphérique, ou même de la plomberie liée au lavabo... Pourquoi ce souci du détail technique ?
Le détail, technique ou pas, peut-être que ça réintroduit du réel, le réel, c'est ce qui rend le récit vivant. (Je parle peut-être pas mal de mort mais je veux faire des livres vivants!)

3. Ce qu'on peut lire dans vos deux premiers romans, c'est une sorte d'inconciliation entre les egos, d'incompatibilité des âmes dans un monde de plus en plus absurde. La quête de l'autre serait-elle vaine ?
Mes personnages généralement ne sont pas en quête, c'est plutôt qu'ils sont pris dans une certaine contradiction.Le lien est essentiel et la solitude est inhérente à notre condition,voilà déjà ce qui crée les conditions de l'absurde. Débrouillons-nous avec ça!
4. Diriez-vous que vous êtes une optimiste égarée ou une pessimiste joviale ?
Le rire est quand même une belle invention.
5. En cette rentrée littéraire 2011, quelles sont vos lectures ? Qu'y a-t-il sur votre table de chevet ?
Une biographie de Shakespeare par Peter Ackroyd (après je lirai Shakespeare), D'un Céline l'autre (un gros, passionnant et si possible éclairant recueil de témoignages ), et toujours une ou deux Série noire (en ce moment Francis Ryck). Et que personne ne se prive de lire Maurice à la poule, de Matthias Szchokke .Ni de relire Mort à crédit, qu'on a souvent lu trop tôt.
références
- Véronique Bizot, Un avenir, Actes Sud, août 2011
- rentrée littéraire 2011

1 réactions
1 De clara - 04/09/2011, 17:13
Merci pour cette interview ! Mon couronnemnt avait été un coup de coeur et j'avais beaucoup aimé son rceuil de nouvelles Les sangliers.Il me tarde de lire Un avenir....(demain il sera entre mes mains, yes!!!)